Home, sweet home

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34 heures de voyage, 2 escales aux USA, 2 nuits sans sommeil et hop, nous voilà de nouveau catapultés dans l’autre monde, dans la « vraie vie », quoi ! ça fait toujours bizarre de faire un long voyage en avion avec des décalages horaires multiples, on a l’impression d’être dans une autre dimension spatio-temporelle, on sait plus s’il fait nuit ou jour, on a faim tout le temps, on n’a jamais sommeil… Et puis quand on arrive, on a le sentiment tout d’un coup que tout est passé si vite, que c’était comme un rêve.

Une bonne grosse nuit de sommeil de plomb dans le nid le plus douillet de l’univers (mon lit chez Maman !) et j’ai tout de suite retrouvé mes repères. Je m’attendais à être plus déphasée que ça mais pas du tout. Un an finalement, dans une vie, c’est rien du tout… Bref, les retrouvailles, la neige, les bons repas, bon sang ça fait du bien ! Nos familles nous trouvent inchangés, c’est vrai qu’à part le bronzage, quelques kilos en moins et quelques cheveux (poils de barbe pour Julien…) blancs en plus, c’est toujours nous !

Il nous reste quelques articles thématiques à peaufiner, que nous publierons dans les jours et semaines à venir… Nous avons été tellement occupés les derniers temps que nous n’avons pas trop trouvé le temps d’écrire. Il nous reste encore 3.000 photos à trier…

Riou dé Janeirou

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Voici le symbole qui caractérise à nos yeux le mieux Rio de Janeiro. Pourquoi me direz-vous ?

Pour deux raisons très simples:

Tout d’abord parce que chaque carioca, habitant de Rio (à ne pas confondre avec le Riomois, habitant de Riom, commune du Puy-de-Dôme, et il semblerait aussi de Riom-ès-Montagnes, dans le Cantal, mais cela reste à vérifier plus sérieusement. Ndlr) brandit systématiquement le pouce en signe d’approbation. Par exemple, un commerçant à qui l’on a donné l’appoint. Ou un passant à qui l’on cède le passage. Ou encore en signe d’au-revoir.

Ensuite, parce que Rio, c’est comme ça images. D’emblée, Rio en impose avec sa baie majestueuse, certainement la plus belle baie du monde, parsemée d’îlots, entourée de pains de sucre, vaste comme un océan. Rio, c’est aussi un centre chargé d’histoire, un centre encore préservé, ce qui n’est pas forcement le cas de toutes les villes majeures d’Amérique Latine. Un centre qui traduit les influences de l’architecture européenne : portugaise, bien sûr, avec ses maisons de style colonial, colorées et parées de balcons, mais aussi française, avec un théâtre inspiré de l’Opéra Garnier. Ce même centre qui s’agite lorsque les cariocas décident de prendre un verre en terrasse, le samedi après-midi, lorsque les magasins sont déjà fermés, signe d’un repos de fin de semaine plus en avance qu’ailleurs.

Rio, la ville de tous les mélanges. Une architecture faite de gratte-ciels, à la sauce New-yorkaise, au milieu d’anciennes demeures coloniales.

Une population colorée, mix de Noirs d’Afrique, d’Européens, d’Indiens d’Amazonie. Des associations du plus bel effet, visage caramel éclairé de deux billes vert émeraude, cheveux interminables noir ébène tombant sur un dos chocolat. Mais aussi un mythe de la « Brésilienne » quelque peu écorné par les kilos en trop, fruit de la mal-bouffe, encore et toujours, frites, coca, hamburgers. Malgré tout cela, un culte du corps inimaginable, surtout chez les hommes. Nous n’en finissions pas de croiser des clones de Fifty Cents ou de Vin Diesel, pecs hyper gonflés, bras comme des cuisses, cou de taureau, comme si la ville s’apprêtait à jouer sa réputation au dernier concours de BodyBuilding international.

Nous avons choisi de prendre nos quartiers entre le barrio populaire de Lapa et celui bobo de Santa Teresa, en lieu et place des plages mythiques d’Ipanema et Copacabana. Et nous n’avons pas été déçus. Lapa bouillonne de vie, a une âme qui nous a enchantés, fait de petits restos fréquentés par les locaux, d’une superbe architecture, avec un escalier à la barcelonaise sans fin, inondé de mosaïques aux mille couleurs, et qu’il nous fallait gravir pour regagner notre maison d’hôtes, par 35 ° au thermomètre (presque 45° ressentis !). Loin des hordes de touristes et des buildings qui longent la plage, et qui rappellent notre Côte d’Azur. Nous n’avons pas fait nos snobs et nous sommes quand même rendus sur ces fameuses plages, tout d’abord à Copacabana, un dimanche après-midi, du jamais vu … Pas un cm2 de libre pour s’asseoir, une marée humaine, dans ou hors de l’eau. Mais pas que des touristes, loin de là. Les touristes se pressent plus, et c’est le cas de le dire, à Ipanema, réputée pour être plus « classe », moins « populos ». A Copacabana, le dimanche, on croise surtout les familles de cariocas, et il y en beaucoup. Si l’on avait pu voler, on n’aurait certainement vu que le rouge des parasols, qui recouvrent le sable. Nous ne sommes pas restés longtemps, pris de claustrophobie. Nous sommes retournés à la plage deux jours plus tard, pour piquer une tête, mais cette fois sur Ipanema, et l’on doit reconnaitre que c’est plus chicos, plus friqué. On croise beaucoup de gens qui font leur footing au plus fort de l’affluence, comme pour se montrer.

Nous avons aussi aimé Rio car nous avons été bichonnés par Pauline et ses employés, dans la maison d’hôtes « Casa da Gente ». Un vrai petit nid douillet, où l’on s’est sentis comme à la maison, où, durant le petit-déjeuner, royal d’ailleurs, Pauline passait nous voir, pleine de bons conseils, bons plans, pour visiter la ville dans les meilleurs conditions. Un confort fort appréciable pour les deux routards GL fatigués que nous sommes devenus. D’ailleurs Pauline si tu nous lis, on a oublié une tablette de chocolat Crunch dans le frigo, fais-en bon usage !

Enfin, cette petite escapade à Rio n’aurait pas été complète sans les fameuses visites du « Pain de Sucre » et du Christ rédempteur du Corcovado. Mais est-ce bien utile d’en parler ici, tellement leur réputation les précède. Des points de vue à couper le souffle, un véritable 360 ° sur la baie aux multiples recoins et ses « îles flottantes », les montagnes au bord desquelles la ville a élu domicile, les autres pains de sucre, car il y en a plusieurs. Et le Christ, haut de près de 40m, qui semble observer ce qui se passe en bas, et qui, selon une légende dont j’ai oublié l’origine, tête légèrement en avant et bras grands ouvert, attendrait que les Cariocas se mettent au travail !

PS: le portugais, c’est trop galère, on comprenait jamais rien à ce que les gens nous disaient !

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Noël en Uruguay

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IMG_8907Ce Noël 2012, que nous avons passé sur la côte uruguayenne, sans foie gras, sans champagne ni chocolats, nous ne sommes pas prêts de l’oublier… Nous avons profité des derniers jours de farniente et de bronzette qui nous auront été donnés avant notre retour (dans 2 semaines !) en nos contrées françaises grises et humides. Nous avons entre autres séjourné dans un village du bout du monde (Cabo Polonio), sans wifi ni même électricité, les pieds dans l’eau, au bord des dunes. Là bas nous avons tenté le sauvetage, malheureusement sans doute illusoire, d’un bébé otarie qui errait sur la plage, hurlant, sans doute affamé, à la recherche de sa mère. Étant donné sa taille (pas plus gros qu’un teckel), le pauvre ne devait guère avoir plus de quelques jours. Nous l’avons ramené dans la colonie la plus proche, quelques centaines de mètres plus loin sur la côte, en croisant les doigts pour qu’il retrouve sa mère.IMG_1161

J’ai aussi réalisé le dernier rêve de petite fille qu’il me restait encore sur ma liste pour cette année : un interminable galop à tout rompre sur une plage déserte par un crépuscule orageux. C’est désormais chose faite ! Pour ne rien gâcher, c’était en la compagnie d’un charmantissime gaucho argentin, quel cliché hollywoodien !

Et le 24-25 décembre, en guise de cadeau, nous nous sommes offert un petit séjour dans un B&B de charme avec jardin et petite piscine, à Colonia del Sacramento, une petite ville à la douce saveur provençale. Le 24 à 22h nous barbotions par 35°C avec au-dessus de nos têtes des guirlandes clignotant dans un figuier… Un peu plus tard, nous dînerons de fajitas et de Coca-Cola…

J’me sue dessus…

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Nous voici de nouveau à l’orée de l’Amazonie, aux frontières entre Argentine, Brésil et Paraguay, où nous avons retrouvé un climat tropical, avec ses avantages et ses désagréments. Coups de soleil, mangues fraîches, moustiques, cafards et araignées partagent de nouveau notre quotidien. Le jardin de notre auberge de jeunesse à San Ignacio, dans la province argentine de Misiones, héberge toutes sortes d’insectes géants : fourmis de 3 cm, cigales de 7 cm (je vous dis pas le raffut qu’elles font quand elles se mettent à chanter, on ne s’entend plus parler !), et même de petites mygales. Nous sommes bien sûr aller voir les fameuses chutes d’Iguazù, côté argentin et brésilien : quel spectacle hallucinant ces milliers de mètres cubes d’eau qui dévalent chaque seconde dans un gigantesque amphithéâtre en pleine jungle ! Mais quelle épreuve aussi de supporter ce climat, auquel nous ne sommes toujours pas habitués, même après 3 mois en Amérique Centrale et 2 semaines en Amazonie bolivienne : 35°C avec un taux d’humidité affolant (= température ressentie 47°), c’est à la limite du supportable. Dès la sortie du bus-frigo, on sent la sueur couler entre ses omoplates. Chaque souffle d’air, aussi chaud soit-il, est comme un court sursit face à l’inéluctable liquéfaction de nos enveloppes charnelles… Pour reprendre l’expression d’Édith, notre copine de voyage, je ne m’étais encore jamais autant suée dessus, et n’avais jamais espéré aussi fort l’arrivée d’un orage salvateur. C’était sans compter la coupure de courant qui allait nous priver de clim’ pendant presque toute une nuit ! Par contre, ce que j’adore dans ces zones subtropicales, c’est le concert quotidien qui s’élève de la végétation à la tombée de la nuit : crissements, coassements, hululements et chuintements en tout genre me font imaginer des créatures bizarroïdes mais bienveillantes qui m’observent pendant mon sommeil….

Avant de quitter le côté brésilien d’Iguazù, nous avons visité un agréable parque ornithologique, où nous avons pu immortaliser toucans joueurs, ibis timides et aras râleurs… Ce soir, nous partons pour l’Uruguay.

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La belle vie à Buenos Aires

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Ayé, on a renfilé nos tongs et on sue à grosses gouttes mais ça fait du bien ! C’est bizarre de voir partout des décos de Noël alors qu’il fait 30°C et qu’on mange des cerises, des fraises et des abricots.

Nous avons été accueillis à Buenos Aires par Horacio et ses amis, architecte et autre muséologue, on est donc entre de bonnes mains, on ne pourrait avoir meilleurs guides pour visiter cette mégalopole de 14 millions d’habitants. Nous sommes hébergés chez Paolo, à « Recoleta », le quartier chicos, nous avons une chambre pour nous tous seuls dans un appart’ spacieux, c’est grand luxe après les dortoirs limite miteux dont nous avions dû nous contenter les premiers jours, en routards désormais presque fauchés que nous sommes.

Au programme cette semaine : visites, théâtre, concert, ciné, resto, shopping, piscine, IMG_8560bref, la belle vie ! Exit nos tenues de voyageurs que nous ne pouvions plus voir en peinture, Julien s’est refait une garde-robe digne d’un orléanais et moi j’ai investi dans une paire de nus-pieds d’un style un peu plus féminin que mes super sandales Quechua qui font tellement honte à Julien depuis qu’on se balade à nouveau en ville…

Nous avons été frappés par la ressemblance de la ville avec Paris. De nombreuses avenues du centre sont bordées d’édifices haussmanniens et de platanes, et à certains endroits, on se croirait en plein quartier Bastille. L’architecture de Buenos Aires a été façonnée par l’influence européenne, française et italienne surtout et cela saute aux yeux. Encore aujourd’hui, ici, tout ce qui est français a la cote, on ne compte plus les restos et boutiques design qui s’appellent « les confitures », « les petits délices », « Antoinette » ou encore « la Bourgogne ».

Samedi dernier, nous avons assisté à un grand spectacle de tango annuel sur une des principales avenues de la ville. Chanteurs, danseurs, professionnels et amateurs ont défilé pour le plus grand bonheur de nos yeux et de nos oreilles. Cette danse aux mille facettes, très sensuelle, a en même temps quelque chose de délicieusement désuet. Les femmes sont d’une élégance folle avec leurs robes fendues à paillettes, le galbe de leurs jambes sublimé par les talons aiguilles. Nous avons adoré. J’ai presque envie de prendre des cours mais je sais que je n’aurai pas la patience d’apprendre. A la fin, des dizaines de couples ont investi l’avenue et se sont mis à danser, quelle ambiance !

Seule ombre au tableau, notre amie Marie-Claire qui devait nous rejoindre pour passer 2 semaines avec nous, a dû annuler son voyage, suite à de sérieux problèmes de santé. Cela nous a sérieusement sapé le moral, espérons que ce sera la dernière tuile de l’année !

Finis terrae

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Nous y sommes. « El fin del mundo », la queue de la cordillère des Andes, le Finistère argentin, le bout de la route, le début de la fin de notre fantastique voyage : Ushuaïa. Ici, nous ne sommes plus qu’à 1.000 km de l’Antarctique.

Pour arriver jusque là, nous avons longé puis traversé le détroit de Magellan, puis toute la Terre de Feu du Nord au Sud. Nous avons vu défiler tantôt des paysages de steppe semi-désertique, quelques estancias décrépies se dressant ça et là au milieu de rien, comme des hameaux fantômes, tantôt de la « pampa » avec ses touffes d’herbes argentées, typiques des Andes, qui nourrissent les guanacos (cousins du lama) et autres camélidés, et où paissent d’immenses troupeaux de moutons, quelques nandous (petites autruches sauvages) et chevaux leur tenant compagnie. C’est un peu comme ça que j’imagine les grandes plaines de l’Ouest américain, avec ses mustangs qui vivent à l’état sauvage, m’attendant presque à voir surgir des troupeaux de bisons au détour d’une colline.

En arrivant ici après 12 heures laborieuses de bus, nous avons été une fois de plus frappés par cette lumière du soir patagonien, irréelle, et cette brume légère flottant juste à la surface de l’eau, comme un doux voile de coton, qui confèrent à cet endroit une âme, une ambiance si particulières. Dans le port, l’épave du Saint Christopher, de l’autre côté de la petite baie, l’aérodrome. En ville, des restos, des banques, des hôtels, des boutiques de sport et de souvenirs. Ushuaïa semble bien avoir plus ou moins vendu son âme au tourisme mais elle n’en est pas moins enveloppée d’une ambiance mystique qui fait que le Voyageur s’y attarde… « Il n’y a pas grand chose à voir ni à faire à Ushuaïa », nous avaient dit plusieurs globe-trotters croisés sur la route. Du coup, nous avions hésité à pousser jusque là-bas mais à présent nous ne regrettons pas d’être ici. Nous voulions à l’origine aller à Puerto Williams, de l’autre côté du canal Beagle, pour ne pas faire comme toute le monde mais nous nous sommes vite ravisés face au coût de ce petit détour « exclusif ».

Après quelques balades dans les alentours, éventuellement un tour de bateau sur le canal Beagle, il est vrai qu’on a vite fait le tour. La nature est sauvage, superbe et me rappelle des paysages écossais. Mais les éléments déchaînés (je comprends désormais ce que signifie le terme marin des « quarantièmes rugissants ») ont vite fait de vous dissuader d’aller randonner une journée entière : depuis hier, nous avons vu défiler tous les quarts d’heure environ une tempête de neige, entrecoupée de très belles éclaircies. Mais quel bonheur de rester blottis dans un lit douillet, bien au chaud, à écouter siffler le vent, qui gifle littéralement les toitures. Notre voisin de chambrée a d’ailleurs suggéré ce matin que c’est probablement ici que Vivaldi a composé ses « Quatre Saisons »…

Ushuaïa c’est pour nous un temps de pause. On prend le temps de se reposer, de trier des photos, de se raconter des anecdotes de voyage avec d’autres routards, de se remémorer tous les instants des dix mois qui viennent de s’écouler. C’est avec un peu de recul qu’on apprécie encore mieux nos souvenirs, qu’on prend un peu plus conscience de tout ce qu’on a vécu. Et ça nous semble tout à coup tellement extraordinaire qu’on a du mal à y croire…

Lorsque nous quitterons cette ville d’ici quelques jours, nous serons déjà un peu sur le chemin du retour en France. Mais il nous reste à voir Buenos Aires, Iguazu, Montevideo, Rio… J’ai hâte de me balader à nouveau les orteils à l’air et les épaules à la merci du soleil mordant de l’été austral :-). Nous sommes ravis de retrouver bientôt 2 compagnons de route, Horacio, puis Edith, et notre amie orléanaise Marie-Claire avec qui nous allons fêter la nouvelle année par 30°C !

Le Français et les Autres…

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Les touristes les plus nombreux que nous avons rencontrés cette année sont les Européens de l’Ouest. Assez surprenant quand on regarde la distance et le coût d’un tel voyage. Nous nous attendions à rencontrer beaucoup plus de Canadiens et d’Américains. C’était le cas jusqu’au Bélize, puis ils se sont raréfiés. Il y a beaucoup, beaucoup de Français qui voyagent par ici, dans tous les pays. Certains qui viennent avec femme et enfants pour 2 semaines au Pérou (vous imaginez le budget ??), beaucoup qui viennent pour 2-3 mois (étudiants, le temps d’un été, chefs d’entreprises qui prennent leurs premières vacances depuis 10 ans, routards rêveurs qui veulent tenter leur chance « ailleurs »). Comme quoi, les Français ont quand même du pognon, et… pas mal de congés, par rapport à beaucoup d’autres.

Bref, les Français… on les reconnaît d’abord de dos, avec leurs sacs à dos Quechua, et le guide du Routard qu’ils ont toujours dans les mains. Ensuite, on les reconnaît à leur démarche, à leur comportement, à cette réserve toute relative qui cache une certaine fierté, toujours atténuée face à l’autochtone, par la barrière de la langue. Bien évidemment, on reconnaît tout de suite un Français lorsqu’il s’exprime dans une langue autre que la sienne, no comment… Bon là je suis un peu vache, je dois avouer que j’ai quand même été surprise et fière de constater que beaucoup des Français que nous croisons ici font l’effort de parler espagnol, et plutôt bien en général. Rien de plus insupportable qu’un anglo-saxon à qui vous lancez un « holà » et qui vous répond « good morning » ou « hi ». Ceux-là, vraiment, ils m’éneeeeeervent ! Mais surtout, on reconnaît le Français à sa tronche ! C’est indescriptible, inexplicable, mais quand on voyage plusieurs mois loin de le France, on finit par les reconnaître au premier coup d’œil. « Tiens, regarde-le, lui, il a vraiment une gueule de Français ! » Et je vous jure qu’on se trompe rarement. D’ailleurs, combien de fois nous sommes-nous faits aborder par des locaux : « Francès ? » avant même d’avoir remué les lèvres… Enfin sachez que les Français sont les 2èmes pires touristes, d’après le classement de Raoul, un hôtelier guatémaltèque expérimenté ; pourquoi ? « parce-qu’ils râlent tout le temps, qu’ils ne sont jamais contents ». C’est tellement vrai… ! :-)

Les n°1 sur la liste de Raoul, sont… ? A votre avis ? Tenez-vous bien : les Israéliens. Des nationalités, nous en avons croisées beaucoup de différentes ces derniers mois parmi les touristes… Mais s’il y en a une qui nous a effectivement marqués dans le sens négatif, et qui fait l’unanimité au près des voyageurs du monde entier, soient-il européens, américains, asiatiques, friqués, fauchés, bobos ou aristos, c’est la nationalité israélienne. Les Français, râleurs, radins, m’ont souvent fait honte, les Allemands aussi m’agacent parfois, à partir en vacances avec leur café, leur pot de Nutella, leur oreiller, comme s’ils étaient certains que ceux du pays hôte ne seraient pas à la hauteur. Mais les Israéliens, ils sont « hard ». Enfin, je dois préciser, « les groupes de jeunes Israéliens ». Sans gêne, impolis, bruyants, méprisants, ils suscitent l’exaspération aussi bien parmi les autres touristes que parmi les autochtones. En Israël, le service militaire, obligatoire pour tous, filles et garçons, dure 3 ans. Et on nous a expliqué qu’à l’issue de ces 3 ans, avant de travailler ou de faire des études, les jeunes partent pour la plupart en voyage un an, et beaucoup semblent aller en Amérique du Sud. Ils auraient besoin de se lâcher ? Ou qu’est-ce qui pourrait expliquer un tel comportement ?? Je ne vous raconte pas le raffut que ça fait, un groupe de jeunes Israéliens qui décide d’improviser une fête d’anniversaire dans le salon de l’hôtel où vous essayez de dormir… Petit à petit, avec les autres voyageurs qu’on a rencontrés, on a pris l’habitude de se raconter nos « anecdotes israéliennes » respectives, et elle suscitent toujours les mêmes émotions :-). En Amérique du Sud, si vous repérez un groupe de 3 à 10 individus de 20 à 25 ans, s’ils sont lookés genre hippie-Ray-Ban, s’ils hurlent et gloussent tout le temps, n’adressent la parole à personne à part les membres de leur groupe et si dans le lot, les filles arborent des chevelures de rêve, vous pouvez être sûrs que ce sont des Israélien ! A force, on a appris à reconnaître la langue hébraïque en 2 secondes. « Oulà, ça parle hébreu dans cet hôtel, vite on s’en va ! ». Passons. J’avais besoin de me défouler par ce ptit coup de gueule. Loin de moi l’idée de généraliser, bien sûr, des touristes israéliens sympas, polis et intéressants, il y en a aussi, on en a rencontrés plusieurs (ils voyageaient seuls à chaque fois), avec qui on a passé de très bons moments.

Ensuite, les Nord-Américains, on les reconnaît à leurs sacs-à-dos Columbia et à leur assurance légendaire. Ils tutoient tout le monde, ils sont hypeeeeeer contents d’avoir fait ta connaissance même si vous n’avez discuté que 2 minutes des horaires de bus dans une gare routière et ils trouvent toujours tout « so cool » ou « so amazing ». Ils sont tellement sympas que ça en est énervant :-P.

Et puis, les Allemands. Nous en croisons aussi beaucoup. Eux, ont des sacs-à-dos Deuter, sont toujours habillés en high-tech des pieds à la tête. OK, il y a le physique (souvent grands, blonds aux yeux bleus mais pas toujours !), fastoche et c’est un peu le cliché. Ils sont plutôt discrets et pas chiants. Dès lors qu’il rencontrent quelqu’un qui parle leur langue, ils deviennent très bavards. Ils sont très à cheval sur le respect du « programme » et des horaires et doivent chaque jour entreprendre quelque chose, de préférence une activité sportive : pas de glandouille en vacances !

Il y a aussi pas mal de Suisses et de Belges qui voyagent dans ce coin du globe mais je vais arrêter là avec les clichés et observations subjectives ;-).